La construction des savoirs relatifs au climat et à la biodiversité
1. Comment sont construits les savoirs et les rapports scientifiques ?
1.4. Intégrer différentes formes de connaissances
De nombreux aspects sont analysés de manière multidisciplinaire en gardant la même démarche pour établir le niveau de confiance, particulièrement s’agissant des risques et des solutions qui peuvent être mises en place.
Évaluation des risques
Il est nécessaire de caractériser les risques de faibles probabilités mais de forts impacts, tout comme il est nécessaire d’indiquer les risques de surprises dans la caractérisation des risques. Un outil fortement interdisciplinaire qui est utilisé dans ces rapports est celui des scénarios qui consiste à émettre des hypothèses consistantes en elles pour envisager un vaste jeu de futurs possibles. Ces hypothèses sont essentiellement socio-économiques mais vont donner des contraintes aux simulations physiques et d'impacts variés dans une chaine très fortement interdisciplinaire, comme on peut le voir par exemple dans l'encadré CCB1 (p.93-94, Chapter 1, Special Report on Climate Change and Land). Les sciences économiques et notamment l’économétrie contribuent à chiffrer le cout des dommages climatiques selon différentes trajectoires, comme le montre la CWG Box (AR6 WG3, Mitigation of Climate Change, chapter 16) ou le cout des politiques d’atténuation avec toutes les incertitudes que cela peut impliquer.
Solutions
La prise en compte de l’interconnexion entre les réponses aux différents enjeux environnementaux (adaptation et atténuation pour le climat, préservation de la biodiversité, pollutions) et aux enjeux sociaux (développement durable) est également nécessaire et s’appuie là aussi sur des approches multidisciplinaires. C’est le cas dans les rapports des WG2 et WG3 du GIEC. C’est également du rapport NEXUS de l’IPBES qui lie les enjeux d’alimentation, d’eau, de climat, de santé et de biodiversité.
L’analyse de la prise de décision et de la gestion des risques, de la faisabilité et de l’implémentation des solutions requiert également des approches interdisciplinaires qui vont permettre de déterminer les freins et leviers propres à chaque solution et contexte. Il faut pour cela assembler des publications de sciences dites naturelles et sociales, mais également des savoirs locaux et indigènes. Cette nécessité est mise en avant depuis longtemps par l’IPBES qui a mis en place des moyens de mobiliser ces savoirs (p26 -32, Incorporating Indigenous and Local Knowledge and issues concerning Indigenous Peoples and Local Communities : a systematic and multi-facet approach, IPBES Global Assessment Report, Chapter 1, ). L’interdisciplinarité est également nécessaire pour comprendre les possibilités de transition ou transformations et questionner leurs impacts sociaux ou économiques notamment ou faisabilités.