La mise en relation des savoirs

1. Mise en relation ou carte des savoirs

1.2. Pratiques et savoirs d’action : relations avec les sciences appliquées et fondamentales

Savoirs d'action
Savoirs fondamentaux + Savoirs pratiques

Ils sont nécessaires pour l'action 

  • humaine et matérielle
  • sociale et mentale
  • individuelle et collective

Savoirs d'action

  • Empiriques
  • Adaptés à un contexte particulier
  • Interpellent et alimentent les savoirs fondamentaux
    • ex : les développements techniques...
  • Mobilisent des techniques et pratiques humaines tenant compte de certaines propriétés de la nature

Savoirs fondamentaux

  • Exigeants en théories explicatives
  • Plus susceptibles d'universalité et d'éternité
  • Interpelés et alimentés par les savoirs d'action
    • ... changent les modes de questionnement
  • Fortement marqués par le dualisme nature-culture

Ces rétroactions entre ces deux types de savoirs bousculent une conception linéaire ou unidirectionnelle des savoirs, selon laquelle les savoirs fondamentaux seraient la source des savoirs d’action.

Ces savoirs d’action sont qualifiés de :

  • techniques,
  • locaux,
  • vernaculaires,
  • autochtones,
  • savoirs être. 

Ils peuvent être: 

  • individuels,
  • communautaires,
  • spécialisés,
  • organisationnels
  • ou encore holistiques.
Les "sciences régulatrices"

Les développements des savoirs d'action sont en conséquence institutionnalisés et régulés, objets de relations de pouvoir, comme le souligne le cas des ‘sciences régulatrices’. Les savoirs techniques sont institutionnalisés de longue date, organisés et régulés par des corporations, des instituts publics et privés, mixtes, associés aux sciences dites appliquées : de l’ingénieure, de la gestion, de l’éducation (évaluatives et pédagogiques) ou de l’information, médicales, ou agronomiques, ‘sciences régulatrices’.

Les sciences citoyennes

Aussi, l’influence de différentes parties prenantes (État, secteur privé, société civile), à travers les moyens techniques, financiers, organisationnels mis à disposition de telle priorité cognitive, d’action, sont l’objet de préoccupations croissantes. Face à ces jeux d’influence, les sciences citoyennes ont l’ambition d’accorder un poids plus important à la société civile, dans les décisions des recherches à stimuler. Elles sont à l’écoute des préoccupations citoyennes restées orphelines (c'est à dire ignorées par les institutions développant les savoirs d’action), de parties prenantes éloignées des lieux de construction des savoirs d’action, de pouvoirs. Ces sciences citoyennes favorisent ainsi la justice épistémique (ou représentations équitables des parties prenantes et de leurs savoirs d’action) ; et seraient ainsi susceptibles de construire des sphères de confiance envers les méthodes scientifiques pour de nouveaux publics.

L’ingénierie des connaissances et l’IA générative, par leurs promesses de générer de nouvelles connaissances grâce au numérique, posent de nouveaux défis à cette vigilance citoyenne :

  • examen critique des algorithmes qui les régissent
  • appropriation de ces outils

créant de nouvelles stratégies de développement de savoirs d’action citoyens s’appuyant sur ces béquilles numériques.