La mise en relation des savoirs

1. Mise en relation ou carte des savoirs

1.1. Trois blocs de savoirs fondamentaux

Les savoirs fondamentaux ont comme finalité la connaissance pure, indépendante de toute action. Leurs défi et éthique sont de penser contre soi, les aprioris et dogmes (religieux et politiques), afin de gagner en éternité et universalité. Néanmoins, ils dépendent et sont exposés aux expériences humaines et aux techniques disponibles.

Face à ces défis de réflexivité, aux contraintes et pressions, on peut distinguer trois ensembles, selon leurs épistémiques, ou modes d’objectivation des connaissances, de justification, validation des connaissances et rationalisation, et la manière dont ils éclairent les humains à l’ère de l’anthropocène.

Les sciences environnementales (écologie et sciences de l’évolution, humanités environnementales)
  • sont centrées sur les relations entre les êtres vivants (humains y compris) et leur milieu physico-chimique et social, 
  • sont au cœur des défis scientifiques de l’anthropocène
  • définissent la crise écologique, sa gravité, l’urgence à y répondre, la qualité des réponses proposées à l’aune des propriétés de la nature, des humains et des sociétés, des relations entre les humains et la nature.
  • analysent les rétroactions entre les techniques, les organisations collectives humaines et la nature (vivante et non vivante), donc les potentialités des propositions de transition écologique, mobilisant les savoirs des deux autres blocs suivants de savoirs fondamentaux.
Les sciences dites de la nature (astronomie et géologie, physique, chimie, biologie)

Elles questionnent cette dernière par diverses approches : observationnelles, expérimentales, etc. La puissance des méthodes et techniques, sur des sujets précisément définis, facilitent les approches déductives. Les propriétés de la nature révélées sont sources potentielles de nouvelles techniques et pratiques matérielles, ces dernières interpelant leur neutralité.

Les sciences humaines et sociales

Elles comprennent une grande diversité de disciplines : droit, philosophie, philologie, anthropologie, histoire, sociologie, sciences économiques et politiques. Celles-ci examinent la diversité humaine, la diversité des aspirations et des valeurs, éthiques et morales, les organisations des collectifs humains, notamment face à la nature. Leurs analyses sont sources de politiques publiques, stratégies d’entreprises, initiatives citoyennes, modes de déploiement des techniques, la réflexivité des analyses face aux intérêts et valeurs mobilisés étant un défi fondateur.