C'est quoi la désinformation ?

1. C'est quoi la désinformation ?

1.5. De l’importance des sources et du savoir scientifique

Les rapports internationaux d'évaluation des savoirs scientifiques élaborés sous l’égide du GIEC et de l’IPBES ont permis d’établir des faits très clairs sur la gravité des impacts du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité sur nos sociétés, et les risques croissants qu’ils font courir aux générations futures.

La vitesse de ces changements est inédite dans l’histoire de l’humanité. La causalité entre nos modes de productions d’énergie, d’alimentation, nos usages des terres et les émissions de gaz à effet de serre et la pression sur les écosystèmes sont bien établis. De même, l’asymétrie entre la responsabilité historique des émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité des populations au changement climatique est claire.  En sciences du climat, les capacités d’attribution, permettant de faire le lien entre un évènement singulier et sa probabilité d'occurrence dans un monde sans ou avec gaz à effet de serre anthropique sont également un progrès majeur.

Les moyens d’action, leur potentiel de déploiement mondial, les freins et barrières pour les déployer, les co-bénéfices ou risques qu’ils peuvent induire sont également analysés scrupuleusement sur la base de la littérature mondiale, par des experts sélectionnés sur tous les continents. Ces dernières décennies ont vu les sciences du climat et de l’environnement se structurer pour établir et partager de manière inédite les observations in situ, satellites ou aéroportées, et les données issues de la modélisation numérique. Les méthodes et protocoles d'analyse des solutions et politiques mises en œuvre ont également progressé.

Comme tout système humain, les systèmes d'évaluation des connaissances du GIEC et de l’IPBES sont imparfaits. Cependant, ces rapports constituent des outils extraordinaires pour faire le point sur les connaissances, grâce à

  • la sélection d’auteurs d’origines et d’expertises très variées,
  • la traçabilité des données, méthodes et publications employées,
  • la mise à disposition des données utilisées,
  • la mise à disposition pour une analyse critique du manuscrit à intervalles réguliers lors de sa production,
  • la transparence du processus.

Ils doivent servir de base à l’information du débat démocratique, face à la montée en puissance de la désinformation par les réseaux sociaux ou à des narratifs plus pernicieux, instillant l’idée que tout cela n’est pas si grave, que la distribution des responsabilités nous dédouanerait des nôtres, que les solutions seraient pires que le mal. Certes, ces rapports écrits par des chercheurs et chercheuses du monde académique sont complexes et denses (à l'image du fonctionnement de notre planète ou des systèmes humains), mais ils sont incontournables pour des prises de décisions éclairées par les savoirs scientifiques. Il faudrait pour cela que l’appropriation aille au-delà des grands titres, et s’applique à regarder l’ensemble des angles d’analyses des situations et solutions pour en comprendre les nuances.