C'est quoi la désinformation ?

1. C'est quoi la désinformation ?

1.2. Vecteurs de désinformation environnementale

Mettre en évidence ces pratiques requiert de suivre les flux financiers et la propagation des discours.

Le think-tank britannique InfluenceMap, qui analyse la manière dont les entreprises et institutions financières impactent les crises de la biodiversité et du climat, évaluait en 2022 à plus de 750 millions de dollars par an la dépense de communication des cinq plus grosses firmes de l’industrie des énergies fossiles (BP, Shell, Chevron, ExxonMobil et TotalEnergies) pour 

  • mettre en avant leurs efforts environnementaux : 60% des messages
  • promouvoir les énergies carbonées : 23% des messages

tandis que seulement 12% de leur investissement visaient des projets bas-carbone. Pour comparaison, en 2024 la totalité des contributions directes des États au budget du GIEC depuis sa création en 1988 s’établissait à 250 millions de dollars.

Ces stratégies du délai fonctionnent très bien et on retrouve régulièrement certains éléments de langage préfabriqués dans les discours politiques, mais aussi au sein de la population de manière générale, même chez les personnes qui n’ont pas d’arrière-pensée anti-écologie. Certains médias peuvent servir de vecteurs complaisants ou proactifs dans la diffusion de ces discours. Le débat démocratique sur ces questions socialement vives est donc en partie biaisé. Les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la propagation de ces discours et plus directement dans la désinformation autour de ces sujets. En conséquence, les systèmes de modération de ces réseaux sociaux et individus, ou organismes de recherche visant à documenter la désinformation sur ces réseaux sont aujourd’hui attaqués directement par des groupuscules puissants ayant leur relais dans des médias classiques, comme le montrent les travaux de David Chavalarias.

Une étude menée par les ONG Fundación Maldita.es et AI Forensics ont montré, suite aux inondations de Valence à l’automne 2024, l’incapacité des plateformes Tiktok et Youtube à éliminer les contenus de désinformation et de mésinformation même un an après la catastrophe.