Faire face à l'éco-anxiété

1. Définition

Face à l’accélération des crises environnementales et climatiques, les préoccupations écologiques touchent aujourd’hui l’ensemble des populations, à l’échelle mondiale mais aussi en France. Exposée en continu aux informations alarmantes sur l’avenir de la planète, la population est aujourd’hui nombreuse à exprimer un sentiment d’inquiétude, d’impuissance, voire de détresse face à ces enjeux environnementaux. C’est dans ce contexte qu’apparaît le concept d’éco-anxiété, un terme désignant une forme d’anxiété liée au changement environnemental. La notion d’éco-anxiété est une contraction des mots « écologie » et « anxiété ». Elle apparait pour la première fois en 1997 dans les travaux de la chercheuse en santé publique Véronique Lapaige.

L’éco-anxiété ne peut pas être qualifiée de pathologie à proprement parler. Cette éco-anxiété est considérée comme une réponse inévitable et même saine face aux menaces écologiques auxquelles nous sommes confrontés.

Pour accompagner au mieux, il est important de bien différencier les nuances cachées derrière le terme d’éco-anxiété. On peut aussi parler de termes comme « éco-lucidité » ou « éco-engagement » qui sont plutôt en lien avec une prise de conscience et un engagement envers ces enjeux environnementaux.  

Le terme d’éco-anxiété est un terme plus nuancé qui peut prendre la forme de ce qu'on appelle les « éco-émotions », c’est-à-dire les émotions que l’on peut ressentir face aux problèmes environnementaux et sociétaux. Cela peut être de la tristesse, de la colère, de la peur, de la frustration ou de la culpabilité.

On peut parfois aussi voir apparaître le terme de « solastalgie », souvent évoqué comme synonyme de l’éco-anxiété, à tort. La solastagie est liée à la nostalgie et à la perte d’un environnement que l’on a connu mais qui a subi des transformations liées aux changements environnementaux. 

Nous vous proposons dans cette vidéo d’Albert Moukheiber, « Eco-anxiété et solastalgie » (4’47), une définition de ces termes. Docteur en neurosciences cognitives de l'Université Pierre-et-Marie-Curie et psychologue clinicien. Il a travaillé pendant 10 ans à l’hôpital Pitié-Salpêtrière se focalisant sur les troubles anxieux et la résilience. Depuis 2012, iI est enseignant à l’Université Paris 8 en psychologie clinique et psychopathologie.