Faire face à l'éco-anxiété

Site: Moodle UVED
Cours: Dispositif de formation des enseignants
Livre: Faire face à l'éco-anxiété
Imprimé par: Visiteur anonyme
Date: vendredi 18 septembre 2026, 20:16

Description

1. Définition

Face à l’accélération des crises environnementales et climatiques, les préoccupations écologiques touchent aujourd’hui l’ensemble des populations, à l’échelle mondiale mais aussi en France. Exposée en continu aux informations alarmantes sur l’avenir de la planète, la population est aujourd’hui nombreuse à exprimer un sentiment d’inquiétude, d’impuissance, voire de détresse face à ces enjeux environnementaux. C’est dans ce contexte qu’apparaît le concept d’éco-anxiété, un terme désignant une forme d’anxiété liée au changement environnemental. La notion d’éco-anxiété est une contraction des mots « écologie » et « anxiété ». Elle apparait pour la première fois en 1997 dans les travaux de la chercheuse en santé publique Véronique Lapaige.

L’éco-anxiété ne peut pas être qualifiée de pathologie à proprement parler. Cette éco-anxiété est considérée comme une réponse inévitable et même saine face aux menaces écologiques auxquelles nous sommes confrontés.

Pour accompagner au mieux, il est important de bien différencier les nuances cachées derrière le terme d’éco-anxiété. On peut aussi parler de termes comme « éco-lucidité » ou « éco-engagement » qui sont plutôt en lien avec une prise de conscience et un engagement envers ces enjeux environnementaux.  

Le terme d’éco-anxiété est un terme plus nuancé qui peut prendre la forme de ce qu'on appelle les « éco-émotions », c’est-à-dire les émotions que l’on peut ressentir face aux problèmes environnementaux et sociétaux. Cela peut être de la tristesse, de la colère, de la peur, de la frustration ou de la culpabilité.

On peut parfois aussi voir apparaître le terme de « solastalgie », souvent évoqué comme synonyme de l’éco-anxiété, à tort. La solastagie est liée à la nostalgie et à la perte d’un environnement que l’on a connu mais qui a subi des transformations liées aux changements environnementaux. 

Nous vous proposons dans cette vidéo d’Albert Moukheiber, « Eco-anxiété et solastalgie » (4’47), une définition de ces termes. Docteur en neurosciences cognitives de l'Université Pierre-et-Marie-Curie et psychologue clinicien. Il a travaillé pendant 10 ans à l’hôpital Pitié-Salpêtrière se focalisant sur les troubles anxieux et la résilience. Depuis 2012, iI est enseignant à l’Université Paris 8 en psychologie clinique et psychopathologie. 

2. Qui peut être touché par l'éco-anxiété ?

L’éco-anxiété touche de plus en plus de personnes, et particulièrement les jeunes : 59% des 16‑25 ans dans le monde en souffriraient, dont 58% des jeunes Français, selon une étude de la revue The Lancet Planetary Health en 2021 qui a interrogé 10 000 jeunes dans dix pays.

Selon l’ADEME dans son étude de 2025 « Éco-anxiété en France », l’éco-anxiété toucherait l’ensemble des catégories sociodémographiques et plus particulièrement :

  • Les 25-34 ans sont les plus éco-anxieux, devant les 15-24 ans et les 50-64 ans.
  • L’éco-anxiété touche un peu plus de femmes.
  • Les Bac+3 sont les plus éco-anxieux et les sans diplôme le moins.
  • Habiter en grande agglomération et en région parisienne accroît l’éco-anxiété.

Source : Fondation UVED, inspiré de l'étude de l'ADEME 2025, Éco-anxiété en France

Ces études montrent l’importance de la formation des acteurs de l’enseignement supérieur à ce sujet, pour venir en aide à ce public jeune le touché par cet état d’anxiété environnementale.

3. Vivre avec son éco-anxiété

L’éco-anxiété est un état susceptible de concerner toutes les catégories sociodémographiques. Il apparaît donc essentiel, dans un premier temps, d’en faire un bilan : se reconnaître comme éco-anxieux ou comme personne ressentant des éco-émotions constitue une étape préalable indispensable avant de pouvoir accompagner ou aider les autres.

L’éco-anxiété étant le résultat d’émotions, elle ne se manifeste pas de la même manière chez les individus. On parle ainsi de différents niveaux d’éco-anxiété, comme le souligne le rapport de l’ADEME publié en 2025. 

Bien qu’il n’existe pas d’échelle de mesure standardisée de l’éco-anxiété, cette étude propose de représenter les degrés d’inquiétude à travers des profils types ( ou personas) : 

  • Pas du tout anxieux : éco-indifférent
  • Très peu éco-anxieux : éco-détaché
  • Peu éco-anxieux : éco-préoccupé
  • Moyennement éco-anxieux : éco-alarmé
  • Fortement éco-anxieux : éco-effrayé
  • En risque psychopathologique : éco-terrifié.

Cette étape d'identification de son degré d'intensité d'éco-anxiété permet par la suite de pouvoir mettre en place les bonnes stratégies pour y faire face. 

Dans son rapport de 2025, l’ADEME propose plusieurs pistes de réflexion concernant la prise en charge de l’éco-anxiété chez les individus. Ces stratégies sont organisées selon différentes catégories de symptômes : affectifs, cognitifs, comportementaux et conatifs.

Source : ADEME, 2025, "Eco-anxiété en France"

3.1. Les bons gestes

Source : Fondation UVED, schéma en référence à l'article "Comment vivre avec l'éco-anxiété (et autres éco-émotions)", Centre d'aide à ma communication étudiante, Laval

  • Accueillez vos émotions : prêter une attention à vos émotions pour se donner les droits de les vivre et de mieux les comprendre afin de pouvoir se (re)mettre en action.
  • Échangez avec d’autres : ne pas s’isoler et entrer en contact avec des personnes qui partagent les mêmes idées et valeurs pour vous apporter du soutien, voire un sentiment de validation.
  • Exprimez-vous : trouvez des moyens d’expression pour exprimer vos éco-émotions afin qu’elles deviennent un moteur du changement sans vous submerger.
  • Agissez sur le présent : ressasser, paniquer ou se focaliser sur les problèmes sont des pièges qui alimentent la détresse. Il est important de se focaliser sur des actions sur lesquelles nous avons un pouvoir, dans le présent, pour que ces éco-émotions deviennent moteur du changement.
  • Engagez-vous : s’engager à l’égard de la crise socio-écologique peut aider à canaliser nos inquiétudes par l’action.
  • Adoptez le développement durable personnel : prendre soin de notre bien-être parallèlement à celui de la planète est primordial. Prioriser sa santé psychologique ne signifie aucunement amoindrir l’importance accordée à la cause. 

4. Ressources complémentaires

Rapports 

Articles 

Sites web 

Pour aller plus loin... 

Podcasts

5. Crédits

Cette leçon fait partie du dispositif de sensibilisation et de formation des personnels et des enseignants de l'ESR aux enjeux TEDS, produit et coordonné par la Fondation UVED et soutenu par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

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Première édition :  mars 2026