Les sciences participatives
| Site: | Moodle UVED |
| Cours: | Dispositif de formation des enseignants |
| Livre: | Les sciences participatives |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | vendredi 18 septembre 2026, 20:22 |
Description
1. Les sciences participatives
Qu'est-ce que c'est ?
Un programme de science participative est un programme conduit en partenariat entre des observateurs (citoyens) et un laboratoire ou une structure à vocation scientifique, visant à observer ou étudier un phénomène dans le cadre d’un protocole bien défini.
Les citoyens sont ainsi mis à contribution pour collecter un grand nombre de données difficile à obtenir par d’autres moyens.
Ces programmes sont particulièrement utiles pour suivre le milieu naturel sur de grandes échelles géographiques ou sur de longues périodes, comme le suivi de la biodiversité ou l’impact des changements climatiques sur l’environnement. Ils sont également déployés pour constituer des inventaires ou rechercher des informations qui seront ensuite mises à la disposition des chercheurs et du public.
En contrepartie de leur implication dans les programmes de science participative, les citoyens sont accompagnés dans leurs interrogations pour mieux comprendre les enjeux des phénomènes qu’ils contribuent à mettre en évidence.
1.1. Pourquoi faire appel à des non-scientifiques pour recenser la biodiversité ?
Il existe une réticence parfois exprimée concernant l'intérêt de faire appel au grand public pour recenser la biodiversité. Un spécialiste avec beaucoup d'expérience et qui connaît l'identification des espèces ne serait-il pas plus approprié ?
Le problème avec les spécialistes c'est qu'ils ne sont pas assez nombreux ! Les programmes de sciences participatives permettent aux scientifiques "d'accumuler une grande quantité de données, qu'ils n'auraient pas obtenues par eux-mêmes" (Romain Julliard, septembre 2010).
Les protocoles sont pensés pour répondre au fait que les participants ne sont pas tous experts, et de fait il n'est pas toujours demandé une identification jusqu'à l'espèce. Ce sont alors des morpho-espèces qui sont identifiées, c'est à dire un groupe d'espèce à l'écologie commune. Par exemple pour les vers de terre, on identifie des groupes selon leur occupation du sol.
Pour atteindre le grand nombre de données nécessaire, la nature des programmes est sélectionnée avec soin afin d'être faisable par le plus grand nombre tout en répondant à une question d'écologie. Les sujets abordés doivent aussi répondre aux intérêts des volontaires et favoriser leur épanouissement en abordant les aspects fascinants et merveilleux de la nature puisque le succès d'un programme dépend du public qui le fait vivre.
1.2. Les programmes de sciences participatives sont-ils vraiment fiables ?
Du fait de l'implication du grand public, certains scientifiques ainsi que certains citoyens doutent de la fiabilité des résultats des sciences participatives. Qu'ils se rassurent, comme le souligne Romain Julliard : "les volontaires n'ont pourtant, à mes yeux, pas d'autre intérêt à participer que de faire les choses au mieux". Il faut donc avoir confiance en ses observations si on les a faites au mieux, d'autant que l'intérêt de ces programmes ne dépend pas de la fiabilité de chacune des données, mais plutôt du respect du protocole d'observation, et de la quantité d'informations récoltées.
Ainsi, même si quelques réponses sont erronées et sortent du lot, la masse de données tend vers un résultat commun. Par exemple, le taux d'erreur d'identification a pu être testé et est estimé à moins de 5% pour l'Observatoire des Papillons des Jardins. Il ne faut jamais oublier que le risque d'erreur n'est jamais nul même pour les plus compétents, bien qu'il soit très important de le minimiser autant que possible !
Ces craintes que provoquent l'idée de faire participer le grand public oublient qu'au-delà de l'objectif principal (la collecte de données standardisées pour alimenter le travail des chercheurs), ces programmes ne servent pas qu'à générer de nouvelles connaissances : ils contribuent aussi à éveiller l'intérêt du public pour la nature, et participent à une meilleure perception des sciences.
1.3. A quoi servent les observations des citoyens en écologie ?
Avec toutes les données récoltées, les scientifiques peuvent aborder des questions concernant la biodiversité à grande échelle, dans l'espace ou le temps, comme par exemple les changements que la biodiversité subit et comprendre ainsi l'origine de ces variations.
Pour ce faire, ils établissent des analyses statistiques et des représentations graphiques ou cartographiques. De certains de ces résultats sont tirés des indicateurs qui donnent des informations à chacun sur l'évolution de la biodiversité.
Ces recherches scientifiques permettent également de fournir des éléments factuels aux décideurs publics et de réfléchir ainsi collectivement à la préservation et la protection de la biodiversité.
2. Ressources complémentaires
Bibliographie
- La définition des sciences participatives est issue du site Tela Botanica
- Les parties 1.1, 1.2 et 1.3 sont tirées du module de formation sur les sciences participatives du programme Vigie Nature école
Trouver des programmes de sciences participatives
- Open Sciences Participatives
- Participer à la science (programmes soutenus par le MNHN)
- Le site Vigie Nature Ecole propose 10 protocoles sur des thématiques variées, ainsi que des outils destinés aux enseignants pour mettre en place avec les étudiants des programmes de sciences participatives
Aller plus loin
- F. Houllier, J-B. Merilhou-Goudard. Les sciences participatives en France. [0] 2016, 63 p.
3. Crédits
Cette leçon fait partie du dispositif de sensibilisation et de formation des personnels et des enseignants de l'ESR aux enjeux TEDS, produit et coordonné par la Fondation UVED et soutenu par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.
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Première édition : mars 2026


