La COP 28 de Dubaï (2023)
| Site: | Moodle UVED |
| Cours: | Module 1 : Le changement climatique |
| Livre: | La COP 28 de Dubaï (2023) |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | jeudi 24 septembre 2026, 03:50 |
Description
1. Les informations pédagogiques
Objectifs d'apprentissage
- Identifier les objectifs de l'Accord de Paris
- Définir les avancées rendues possibles par cet accord
Durée
- 8'18
ODD concerné
- ODD 13 : Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions
2. La vidéo
Cet extrait est issu du webinaire du 14 mai 2024, faisant intervenir Yue Dong, chef du bureau climat au Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Il porte sur la COP 28 organisée en 2023 aux Émirats Arabes Unis. L'intervenant analyse le chemin parcouru depuis l'Accord de Paris (2015).
3. La transcription
Si on regarde, si on se questionne sur la nécessité de ces COP et leur utilité, en fait, on peut regarder par exemple sans remonter jusqu'à 1972 mais les avancées, par exemple, depuis l'accord de Paris. Donc l'accord de Paris en 2015, la COP 21 qui a obtenu certains résultats. Et donc qu'est-ce qu'on a eu ? Par exemple, l'accord de Paris, ça a permis d'obtenir des objectifs engageants pour tous les pays. Alors, je tiens à dire que ce sont des objectifs engageants dans le sens où tout d'abord, l'Accord de Paris a été ratifié par les pays. En France, c'est passé devant l'Assemblée nationale. Dans la plupart des pays, ça a été ratifié. Donc en fait, c'est un texte contraignant même si au sein du texte, il y a des morceaux qui sont plus ou moins contraignants que d'autres. Mais il y a trois gros objectifs.
Le premier c'est sur l'élévation de température. Donc, c'est contenir l'élévation de température moyenne de la planète en dessous, nettement en dessous de 2 degrés et poursuivre des actions pour limiter l'élévation de température à 1,5 degrés. Donc, on va en parler sans arrêt des 2 degrés, des 1,5 degrés. Je suis sûr que vous connaissez ça par cœur.
Le deuxième point, c'est sur l'adaptation. C'est renforcer les capacités d'adaptation aux effets néfastes des changements climatiques. Ça reste assez vague dit comme ça. C'est un peu plus vague que l'objectif de température mais néanmoins derrière, c'est l'idée que, aussi important que l'objectif d'atténuation, donc de réduction des émissions et de contrôle de l'élévation de température, il faut aider les pays, il faut aider les populations à s'adapter au changement climatique.
Et enfin le dernier, c'est rendre le flux financier compatible avec un profil d'évolution vers un développement à faible émissions de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques. Ce que ça veut dire, ça veut dire en pratique arrêter de subventionner les énergies fossiles. Ça veut dire faire en sorte que les investissements soient compatibles avec le futur, avec la protection de l'environnement et du climat. Ça veut dire transformer les banques, le système financier international, les standards, ce qu'on appelle la taxonomie etc. Donc, en fait à nouveau ici, ça veut dire que cet objectif financier c'est un objectif. On se donne l'objectif de transformer la finance au niveau mondial, pour que ce soit compatible avec un futur bon pour le climat.
Et donc vous le voyez, ce sont des grands objectifs sur lesquels on ne va pas forcément expliquer tout de suite comment on va les obtenir, mais déjà c'est un résultat en soi, que de pouvoir dire on a mis les 197 pays ensemble et ils sont tous d'accord pour viser ces objectifs là et travailler ensemble à les atteindre. Et donc, en fait, c'est ça l'enjeu.
Et ensuite, derrière l'accord de Paris, il faut des engagements nationaux. Il est prévu dans l'accord de Paris que les États, les parties (c'est à peu près un synonyme) contribuent au niveau national selon leur propre capacité. Et donc il y a les contributions déterminées au niveau national, on appelle les CDN en français ou les NDC en anglais. Mais aussi les stratégies de long terme, qui sont la vision un peu plus de long terme et un petit peu moins contraignante, que les pays se fixent pour réduire leurs émissions et arriver à zéro. Et enfin, une fois que les pays ont ratifié l’Accord de Paris et pris des engagements nationaux devant tout le monde, une fois qu'ils sont rentrés à la maison, il faut qu'ils mettent en œuvre des politiques et des mesures concrètes. Et donc ça, c'est une étape de plus encore où il faut que les politiques domestiques s'alignent avec les objectifs qui ont été fixés.
Et donc, par exemple, pour voir à la fois toutes les difficultés que ça engage mais aussi les quelques progrès qui ont été fait, en fait on peut comparer par exemple en 10 ans donc ce rapport très connu de l'UNEP, donc du programme des Nations Unies pour l'environnement, qui s'appelle le Emission Gap Report que vous connaissez peut-être, qui nous dit où on en est, quel est le « gap » entre l'atteinte des objectifs de 2 degrés et de 1,5 degrés avec les politiques actuelles, c'est-à-dire le « business as usual » et avec les objectif qu'on s'est fixés.
Et donc ça veut dire que tout en bas là par exemple sur la figure de gauche en jaune, vous avez la fenêtre de tir dans laquelle il faut aller en termes d'émission : donc en ordonnée, ce sont les émissions de GES en milliard de tonnes de CO2 équivalent. Et donc quelle est la fenêtre de tir qu'il faut viser en 2025, en 2030 pour rester en dessous des 2 degrés. En bleu foncé tout en haut là entre 63 et 72, c'était la direction dans laquelle on était en train d'aller en 2014. En 2014, on a estimé que en 2030, si on fait rien, on arrivera entre 63 et 72 milliards de tonnes de CO2 équivalent. Et le grisé là au milieu, c'est là où on arrive en 2014 avec les engagements qui sont pris. Et en fait, vous voyez que en 10 ans, si on regarde le rapport sorti l'année dernière, on a fait quelques progrès. Il y a encore des « gaps » très importants mais on a fait quelques progrès et j'ai essayé de garder à peu près la même ordonnée entre les deux graphiques. Et donc si vous voyez maintenant, si vous regardez maintenant les politiques actuelles, elles nous mènent plutôt autour de 55-56 milliards de tonnes de CO2 en 2030, ce qui est quand même beaucoup, mais ce qui est un petit peu mieux que les presque 70 auparavant. Ensuite on voit qu'il y a des « gaps ». Donc c'est tout l'objet de ce rapport : entre le niveau actuel des politiques domestiques, le niveau des NDC soumis par les pays, donc leurs promesses, et ensuite là où on devrait être, le niveau pour respecter l'objectif de 2 degrés, et encore plus bas le niveau pour respecter l'objectif de 1,5 dégrés.
Donc les efforts sont énormes mais néanmoins en fait sans la COP, sans l'accord de Paris on serait encore plus loin. Et donc tous les ans, c'est un travail incrémental laborieux pour faire en sorte que les pays fassent plus, promettent plus, mettent en œuvre les promesses etc. Et ensuite donc ça c'était plutôt le court terme d'ici 2030. Ensuite, sur le long terme, on a aussi eu certains progrès. Pas mal de progrès ont eu lieu avant la COP de Glasgow en 2021. Et en fait, beaucoup de pays se sont engagés à la neutralité carbone. La neutralité carbone, vous le savez, c'est faire en sorte qu'on ait autant d'émission de gaz effet de serre que d'absorption. Et donc en fait aujourd'hui 80 % des gaz à effet de serre au niveau mondial sont couverts par des objectifs de neutralité carbone. Donc ils ont des vitesses différentes. C'est certain. En vert c'est plutôt autour de 2050. En bleu, c'est plutôt après 2050. En bleu foncé, surtout pour l'Inde, c'est plutôt après 2060. Mais donc chaque pays, en fait ce que vous voyez c'est que à la COP on est incapables… enfin on n'a pas été capables de fixer à chaque pays un objectif individuel parce que quelque part le consensus ça a été à la fois de faire confiance au pays tout en contrôlant derrière, mais aussi de laisser la souveraineté au pays de prendre leurs propres décisions. C'est là la difficulté de l’Accord de Paris, mais en même temps en fait c'est la mobilisation politique qui permet de faire en sorte que les pays font de plus en plus.
4. Crédits
Cette leçon fait partie du Socle commun de connaissances et de compétences transversales TEDS produit par la Fondation UVED et soutenu par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
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Première édition : septembre 2026

