L'évaluation globale de la biodiversité et des services écosystémiques de l'IPBES (2019)
| Site: | Moodle UVED |
| Cours: | Dispositif de sensibilisation des personnels |
| Livre: | L'évaluation globale de la biodiversité et des services écosystémiques de l'IPBES (2019) |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | vendredi 18 septembre 2026, 19:23 |
Description
1. Les informations pédagogiques
Objectifs d'apprentissage
- Savoir ce qu'est l'IPBES.
- Découvrir les grandes lignes du rapport global de la biodiversité et des services écosystémiques (2019).
- Appréhender les causes de l'effondrement actuel de la biodiversité et des services écosystémiques.
Durée de la vidéo
- 08'39
ODD concernés
- ODD 15 : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres
2. La vidéo
Yunne Shin, directrice de recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), présente dans cette vidéo (8'39) le Rapport d'évaluation globale de la biodiversité et des services écosystémiques. Véritable synthèse de la littérature scientifique mondiale sur le sujet, ce rapport publié par l'IPBES en 2019 met en évidence l'effondrement actuel de la biodiversité et la dégradation inquiétante des services écosystémiques.
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3. Transcription
Je vais vous présenter les grandes lignes de l'évaluation globale de l'IPBES sur la biodiversité et les services écosystémiques. Vous avez peut-être entendu parler de ce rapport, de près ou de loin, et je vais commencer par vous présenter l'IPBES de manière assez succincte.
1. L'IPBES
L’IPBES est la plateforme, entre science et politique, sur la biodiversité et les services écosystémiques. Son fonctionnement a été inspiré de celui du GIEC. Le GIEC en français, l'IPCC en anglais. En quelque sorte, l'IPBES est à la biodiversité ce que le GIEC est au changement climatique. Sa mission est de renforcer les connaissances scientifiques pour informer la prise de décision concernant la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité. Le rapport global de la biodiversité et des services écosystémiques de l'IPBES est une étape majeure. C'est un travail colossal qui s'est étalé sur trois ans. Il s'appuie sur l'expertise de 500 scientifiques, sur près de 15 000 publications scientifiques, mais aussi, fait assez inédit, il intègre un grand nombre de savoirs émanant des peuples autochtones.

2. Les contenus du rapport
Le rapport nous apporte de multiples preuves que la biodiversité s'effondre. La nature est dégradée à un taux et à une échelle sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Pour s'en faire une idée, il est toujours bon d'avoir quelques chiffres en tête. Par exemple :
- 75 % de la surface des terres sont altérées de manière significative par les activités humaines ;
- 66 %, donc deux tiers de la surface des océans, subissent des impacts négatifs croissants ;
- nous avons perdu plus de 85 % des zones humides depuis le XVIe siècle.
- les cultures et l'élevage, pour notre alimentation, couvrent un tiers de la surface des terres, et trois quarts des ressources disponibles en eau.
- 1 million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction.
Sur la figure ci-dessous, vous voyez à droite le code couleur des catégories de vulnérabilité établi par l'IUCN. L'IUCN, c'est l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, et l'on voit par exemple sur ce graphique que plus de 40 % des amphibiens, plus de 30 % des récifs coralliens, et plus de 30 % des requins sont menacés d'extinction.
1 million d'espèces menacées d'extinction

Le taux d'extinction global est estimé être de 10 fois à 100 fois plus élevé que le taux d'extinction naturel des 10 derniers millions d'années. Sur le graphe ci-dessous, vous voyez par exemple le pourcentage cumulé des espèces qui se sont éteintes depuis le XVIe siècle. Les espèces animales, avec en tête, les amphibiens et les mammifères. Tout en bas de la figure, vous voyez en grisé le taux, le pourcentage d'espèces qui se sont éteintes naturellement.

Avec ces espèces, ce que nous perdons vraiment, ce sont des millions d'années d'évolution, des branches entières de l'Arbre du Vivant. On peut penser qu'il est difficile de préserver la biodiversité aujourd'hui, mais ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'il sera encore beaucoup plus difficile, sans commune mesure, de préserver la biodiversité, et de la restaurer, si nous continuons à ce rythme effréné d'extinction des espèces.
3. Se soucier de la biodiversité
Il faut se soucier de tout cela pour la nature elle-même mais aussi pour nous, les humains, puisque la nature sous-tend notre qualité de vie à tous. La nature, la biodiversité, c'est beau, c'est l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, c'est la nourriture que nous mangeons, c'est notre santé à tous, c'est source d'innovations technologiques également, mais c'est aussi source de régulation du système Terre. C'est la régulation de notre climat, la protection contre les évènements extrêmes, mais c'est aussi l'ancrage de nos cultures, de notre identité, c'est source d'inspiration, de cohésion sociale, de bien être. La nature est tout ça à la fois.
C'est ce qu'on appelle les services écosystémiques, ou encore les contributions de la nature aux sociétés humaines. Typiquement, on les catégorise en trois catégories. C'est-à-dire, les contributions de régulation, les contributions matérielles et les contributions non matérielles. Ce que montre le rapport IPBES (tableau ci-dessous), c'est qu'on n'a jamais autant extrait de biomasse, de ressources naturelles, de bois, de poissons, de nourriture, etc., de la nature, depuis 50 ans. Mais cela s'est fait au détriment de toutes les autres contributions de la nature aux sociétés humaines, incluant les contributions de régulation et les contributions non matérielles.

4. Les causes de la dégradation du vivant
Il y a plusieurs moteurs de dégradation de la biodiversité et de ses services écosystémiques. On a coutume de distinguer, tout d'abord, les facteurs directs d'impact (voir figure ci-dessous). Le rapport montre que pour les écosystèmes terrestres et les écosystèmes d'eau douce, le facteur d'impact le plus important est le changement d'usage des terres : changement de pratiques agricoles, reboisements, restaurations de systèmes naturels, étalement urbain, etc. Pour les écosystèmes marins, le facteur d'impact le plus important, jusqu'à présent, a été la pêche.
Il faut, bien sûr, ne pas oublier les autres facteurs d'impact que sont la pollution, le changement climatique et les espèces invasives. D'ailleurs, les modèles scientifiques montrent que le changement climatique sera amené à avoir des impacts amplifiés, voire les impacts les plus importants sur la biodiversité dans les décennies à venir.

On a tendance à se focaliser sur ces facteurs d'impact directs et à gérer ces facteurs d'impact directs, de manière sectorielle. Or, à la racine de tout cela, il y a ce qu'on appelle les facteurs sources, ou facteurs d'impact indirects (en anglais, "Indirect Drivers"). C'est par exemple la croissance démographique, nos modèles économiques, notre évolution technologique, l'organisation et le fonctionnement de nos institutions, nos modes de gouvernance, l'occurrence de conflits, de guerres et d'épidémies. Tous ces facteurs indirects sont sous-tendus par un ensemble de valeurs sociales. Remarquez ici que tous ces facteurs indirects d'impacts sont les mêmes que ceux qui sont à l'origine du dérèglement climatique.
5. Conclusion
Le rapport IPBES est un véritable appel à l'action, puisqu'il montre que seuls des changements majeurs de nos économies, de nos gouvernances, de nos valeurs, de nos modes de vie, de nos modes de consommation, de nos modes de production permettront d'inverser les tendances négatives. Les connaissances et les outils existent, des réussites locales sont documentées dans le rapport IPBES. Ces solutions doivent être maintenant déployées à grande échelle, à tous les niveaux de la société, et ce, de manière intersectorielle. La mise en œuvre de ces changements est bien sûr urgente. Elle est difficile, certes, mais le rapport IPBES nous montre qu'elle est possible. Retenez que la biodiversité, ce n'est pas qu'un enjeu environnemental, mais c'est aussi un enjeu sociétal, économique, moral et éthique.
4. Crédits
Cette leçon fait partie du Socle commun de connaissances et de compétences transversales TEDS produit par la Fondation UVED et soutenu par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
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Première édition : septembre 2026

