Exercice 2

Conclusion de l’exercice et généralisation

La conclusion principale de l’exercice est que les émissions liées à la décarbonatation du calcaire sont difficiles à diminuer, car elles sont indépendantes de la source d’énergie utilisée, et que leur part dans l’empreinte carbone du ciment est importante. Seules les émissions liées au four peuvent être modifiées (utilisation d’un four à arc électrique, par exemple).

Si la décarbonatation du ciment est une source importante d’émissions, il existe d’autres réactions chimiques qui sont présentes dans certains procédés industriels. On peut ainsi lire dans le rapport Secten[1], qui est le rapport de référence sur les émissions territoriales françaises : 

« Les principaux secteurs d'activité concernés par la décarbonatation sont : la production de ciment, la production de verre, la sidérurgie (utilisation de castine), la production de chaux (sites dédiés ou en sucreries [2]), la production de tuiles et briques. Dans les secteurs de la céramique et de la production d’émail, les émissions de CO2 induites par la décarbonatation sont très faibles au regard de celles relatives à la combustion. En revanche, pour certains des secteurs cités précédemment, les émissions relatives à la décarbonatation peuvent représenter une part non négligeable dans les émissions totales de CO2 du secteur concerné, comme par exemple le ciment et la chaux ».

La Figure 2, extraite du même rapport, montre la répartition entre décarbonatation et combustion pour différents procédés. Les émissions de CO2 des procédés de fabrication avec une forte importance de la décarbonatation sont donc impossibles à ramener à zéro.

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Figure 2 : répartition entre combustion et décarbonatation pour les émissions de CO2 liées à la production de différents matériaux.

Source : « Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques. Bilan des émissions en France de 1990 à 2020 », Citepa, juillet 2021. Inventaire des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre en France – Format Secten.

Concernant le ciment, les pistes actuellement envisagées sont :

  • la diminution drastique de constructions neuves, le partage de l’existant, et la rénovation plutôt que la destruction/reconstruction ;
  • lorsque cela est possible, la réduction de la construction en ciment au profit de matériaux moins émetteurs (notamment le bois) ;
  • le stockage en sous-sol des émissions de CO2, qui seraient captées en sortie des cheminées ; cela se heurte à des barrières techniques, logistiques et financières.
  • l’utilisation du CO2 extrait des fumées de cimenteries pour certains usages du CO2, comme la production de méthane de synthèse (en combinant le CO2 et l’hydrogène), la croissance des plantes sous serres ou les boissons gazeuses (si si…). Cette piste ne supprime pas les émissions de CO2 - car, quel que soit l’usage, le CO2 finira dans l’atmosphère - mais, dans la comptabilité carbone d’une cimenterie, le fait que le CO2 soit utilisé en tant qu’intrant par une autre industrie peut lui permettre de diminuer ou supprimer ces émissions. Ces usages ne permettraient néanmoins pas « d’absorber » toute la production de CO2 de l’industrie du ciment. Et une incitation financière à ces pratiques risquerait d’induire, par effet d’aubaine, de nouveaux usages non essentiels du CO2

[1} « Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques. Bilan des émissions en France de 1990 à 2020 », Citepa, juillet 2021. 

[2] La chaux est nécessaire à la production de sucre raffiné à partir de betteraves ou canne à sucre.