﻿WEBVTT FILE

1
00:09.930 --> 00:13.450
Nous sommes désormais plus
de 2,5 milliards sur la bande côtière.

2
00:14.080 --> 00:16.610
Et la majeure partie de
cette population va s'accroître

3
00:16.900 --> 00:18.622
sur les zones tropicales.

4
00:18.620 --> 00:20.540
Cela induit une forte dépendance

5
00:20.560 --> 00:23.000
aux systèmes coralliens,
à la fois d’un point

6
00:23.020 --> 00:26.000
de vue économique,
via les pêcheries artisanales,

7
00:26.000 --> 00:29.240
mais aussi d’un point de vue
nutritionnel, via l'apport

8
00:29.240 --> 00:32.610
en protéines et en oligo-éléments,
à plus de 400 millions

9
00:32.620 --> 00:34.490
de personnes qui
ont peu d'alternatives.

10
00:35.240 --> 00:38.130
Nous allons donc avoir une
forte pression de pêche sur

11
00:38.160 --> 00:40.270
ces systèmes extrêmement vulnérables.

12
00:41.390 --> 00:43.890
La question donc est de
savoir si ces systèmes coralliens,

13
00:44.240 --> 00:47.820
qui produisent en moyenne
5 tonnes par kilomètre carré

14
00:48.040 --> 00:51.180
et par an de ressources
marines, pourront soutenir

15
00:51.220 --> 00:54.000
cette demande et surtout
de savoir quels sont les

16
00:54.040 --> 00:57.680
mécanismes sous-jacents à
cette productivité pour mieux

17
00:57.680 --> 00:59.630
anticiper leur diminution.

18
01:00.890 --> 01:03.510
Nous allons tout d'abord
définir ce que c'est que l'empreinte

19
01:03.520 --> 01:06.760
écologique pour mesurer
si les systèmes coralliens

20
01:06.800 --> 01:08.360
peuvent soutenir la demande actuelle.

21
01:08.720 --> 01:10.810
Donc tout simplement des
auteurs ont montré que cette

22
01:10.820 --> 01:13.860
empreinte écologique
pouvait se mesurer par un ratio

23
01:14.060 --> 01:18.070
entre la production de
pêche et la production du récif.

24
01:18.650 --> 01:21.820
Lorsque ce ratio est à 1,
bien sûr, on est à l'équilibre.

25
01:22.360 --> 01:25.680
On extrait autant que le
système corallien produit de biomasse.

26
01:26.080 --> 01:29.630
Au-delà de 1, le système
est surpêché, en dessous,

27
01:29.640 --> 01:32.050
le système est durable
sur le long terme.

28
01:32.830 --> 01:36.460
Les auteurs ont démontré,
en prenant 50 systèmes insulaires,

29
01:36.820 --> 01:39.860
à droite, que la plupart,
donc ceux situés

30
01:40.060 --> 01:43.360
au-dessus de la ligne noire
qui montre le ratio à 1,

31
01:43.860 --> 01:47.310
sont en surpêche avec une
empreinte écologique donc

32
01:47.710 --> 01:52.630
supérieure à 1 et peu de systèmes
sont viables sur le long terme.

33
01:53.300 --> 01:56.330
Donc le but est de savoir
ce qui peut soutenir cette

34
01:56.360 --> 01:59.260
production pour ne plus
être autour de 5 mais pourquoi

35
01:59.300 --> 02:03.980
pas essayer d'être entre 10
et 15 tonnes par kilomètre carré

36
02:04.000 --> 02:07.310
et par an afin de subvenir
à la demande au niveau mondial.

37
02:09.110 --> 02:12.000
La question clé aussi c'est
de savoir comment l'habitat

38
02:12.270 --> 02:14.440
peut influencer cette productivité.

39
02:15.110 --> 02:17.280
Ce que nous savons c’est
que l'habitat corallien est

40
02:17.480 --> 02:21.380
dégradé sur 75 % de la
surface du globe et que la

41
02:21.420 --> 02:24.900
diversité et la biomasse de
poissons sont essentielles au

42
02:24.940 --> 02:26.780
maintien d'un récif en bon état.

43
02:27.360 --> 02:31.210
En effet, lorsque le
poisson est péché, on passe plus

44
02:31.240 --> 02:33.960
facilement d'un
système corallien, ici en B,

45
02:33.980 --> 02:36.878
vers un système algues, ici en C.

46
02:37.620 --> 02:39.180
Et on sait aussi à travers

47
02:39.200 --> 02:42.510
des observations empiriques,
que la productivité est très

48
02:42.540 --> 02:46.760
variable entre 1 et 15 tonnes
par kilomètre carré et par an.

49
02:47.220 --> 02:51.270
Donc, cette variabilité doit
venir de processus qui vont

50
02:51.300 --> 02:54.520
expliquer la mise à
disposition de protéines

51
02:54.560 --> 02:55.980
et de nutriments pour les humains.

52
02:56.890 --> 02:59.653
Nous allons adopter une
approche en modélisation

53
03:00.080 --> 03:03.370
permettant de décortiquer
les mécanismes et d'orienter

54
03:03.570 --> 03:05.220
les politiques de conservation.

55
03:07.090 --> 03:10.000
L'approche en modélisation
est simplement basée sur un

56
03:10.200 --> 03:14.020
modèle de multitrophique,
mettant en jeux quatre compartiments

57
03:14.060 --> 03:15.560
principaux des récifs coralliens:

58
03:16.230 --> 03:17.570
les prédateurs apicaux ;

59
03:18.320 --> 03:20.000
les poissons herbivores ;

60
03:20.310 --> 03:21.880
les invertébrés du benthos ;

61
03:22.260 --> 03:23.780
puis les algues et les détritus.

62
03:24.630 --> 03:29.190
Tous ces compartiments se consomment
les uns sur les autres par prédation.

63
03:30.250 --> 03:33.500
Et l'idée des auteurs a
été d'intégrer la notion

64
03:33.520 --> 03:36.330
de vulnérabilité sur les
récifs coralliens qui est

65
03:36.530 --> 03:39.640
simplement liée et
intuitivement au nombre et

66
03:39.700 --> 03:42.460
à la diversité des cavités
présentes sur ces récifs.

67
03:43.000 --> 03:46.590
Avec l’hypothèse toute
simple que la présence de cavités

68
03:46.910 --> 03:51.790
baisse la vulnérabilité à la
prédation pour différentes classes de taille.

69
03:52.220 --> 03:54.220
Donc c'était valable à la
fois pour les juvéniles

70
03:54.220 --> 03:57.060
des prédateurs notamment
et pour conserver

71
03:57.080 --> 03:59.140
une grande biomasse de proies.

72
03:59.520 --> 04:02.350
Donc la présence des cavités va moduler

73
04:02.360 --> 04:04.780
les interactions trophiques
et les abondances.

74
04:06.000 --> 04:10.020
Les auteurs, en ayant ajusté ce
modèle à des données sur les Caraïbes,

75
04:10.220 --> 04:13.780
démontrent qu'un
récif plus complexe peut

76
04:14.140 --> 04:17.000
produire trois fois plus de
biomasse consommable par l'homme

77
04:17.200 --> 04:19.260
qu’un récif dégradé sans cavités.

78
04:20.360 --> 04:22.500
Avec deux axes ici
sur le schéma de droite:

79
04:23.090 --> 04:25.610
un axe correspondant
au nombre de cavités;

80
04:25.890 --> 04:30.080
et un autre axe correspondant
à la taille maximum des cavités

81
04:30.120 --> 04:32.480
permettant d'accueillir
des poissons de plus en plus gros.

82
04:33.340 --> 04:37.570
Les auteurs montrent que le
nombre de cavités influence

83
04:37.600 --> 04:41.150
positivement la biomasse
avec simplement le fait que ces

84
04:41.180 --> 04:44.820
cavités peuvent accueillir
une plus grande biomasse

85
04:44.820 --> 04:49.530
de proies et donc accueillir
aussi une plus faible

86
04:49.730 --> 04:52.530
prédation sur les
juvéniles des top prédateurs.

87
04:53.380 --> 04:56.000
On s'aperçoit aussi
qu'une relation non triviale,

88
04:56.200 --> 05:00.020
quadratique s'installe
entre la taille des cavités

89
05:00.200 --> 05:01.419
et la productivité.

90
05:01.800 --> 05:03.920
Au départ,
c'est tout à fait intuitif,

91
05:04.200 --> 05:07.000
lorsque ces cavités
augmentent de taille on tend à

92
05:07.040 --> 05:10.150
augmenter la production du
système: des espèces de plus

93
05:10.200 --> 05:13.290
en plus grosses pourront s'y
réfugier et donc être moins

94
05:13.340 --> 05:14.690
susceptibles à la prédation.

95
05:15.500 --> 05:19.280
Ensuite, au-delà de
poissons de un kilo, on s'aperçoit

96
05:19.480 --> 05:22.330
que la relation descend:
des très grandes cavités ne

97
05:22.360 --> 05:24.040
sont pas très productives
pour le système.

98
05:24.420 --> 05:27.480
En effet, les prédateurs
apicaux nécessitent des proies

99
05:27.500 --> 05:30.260
de grande taille qui ne
doivent pas pouvoir se cacher

100
05:30.300 --> 05:33.200
dans le récif sinon elles
ne peuvent être consommées.

101
05:35.290 --> 05:39.000
Donc préserver la qualité
des habitats coralliens est

102
05:39.200 --> 05:42.940
donc un facteur clé pour
maintenir la productivité des systèmes.

103
05:43.680 --> 05:47.580
Ce défi est d'autant plus
délicat dans un monde plus chaud,

104
05:47.600 --> 05:50.610
plus acide, plus pollué
et soumis à une présence

105
05:50.640 --> 05:51.900
de pêche de plus en plus forte.

106
05:52.920 --> 05:56.240
On peut, à minima,
identifier les zones les plus

107
05:56.260 --> 05:58.510
vulnérables pour
les récifs coralliens.

108
05:58.560 --> 06:00.260
Nous montrons sur une carte globale,

109
06:00.560 --> 06:02.690
là où les récifs sont censés rentrer

110
06:02.700 --> 06:06.900
en régression d'ici 2070,
par l'action conjuguée

111
06:06.940 --> 06:10.060
de l'acidification et de
l’augmentation de température.

112
06:10.910 --> 06:13.650
On s'aperçoit que la
dégradation attendue est très

113
06:13.700 --> 06:17.620
hétérogène à la surface des
océans avec une dégradation

114
06:17.820 --> 06:21.880
prononcée près du triangle
de corail où se concentre une

115
06:22.080 --> 06:25.530
majorité d'habitants tropicaux
et une grande proportion

116
06:25.640 --> 06:27.750
de la biomasse et de la
biodiversité en poissons.

117
06:29.560 --> 06:32.320
Cette vulnérabilité
peut induire des trappes

118
06:32.520 --> 06:36.600
socio-écologiques où des
boucles de rétroaction vont se

119
06:36.680 --> 06:39.840
mettre en place entre la
qualité de l'habitat,

120
06:39.860 --> 06:42.110
la pêcherie et la quantité
de biomasse de poissons.

121
06:42.740 --> 06:47.080
Ainsi, un habitat dégradé
fournit peu de productivité,

122
06:47.100 --> 06:50.840
le peu de poissons restant dans
le système subissent une surpêche,

123
06:50.980 --> 06:53.470
moins de poissons
signifie une qualité d'habitat

124
06:53.500 --> 06:55.640
encore moins bonne, etc.

125
06:56.780 --> 06:58.830
Induisant donc
des boucles de rétroaction

126
06:58.860 --> 07:01.680
négatives et une véritable
trappe socio-écologique.

127
07:02.530 --> 07:05.710
Pour en sortir, des actions
de remédiation des récifs

128
07:05.720 --> 07:09.430
coralliens pourraient être
nécessaires, conjuguées à

129
07:09.440 --> 07:12.550
des méthodes de pêche sélective et la
mise en place de réserves marines.

130
07:13.250 --> 07:16.330
Tout cela dans le but
d'aider les populations locales à

131
07:16.530 --> 07:19.770
maintenir un récif
productif sur le long terme.

132
07:20.520 --> 07:23.500
Le modèle nous a donc permis
d'identifier des mécanismes

133
07:23.790 --> 07:27.140
à la base de la productivité
et pouvoir orienter des

134
07:27.180 --> 07:28.386
politiques de conservation.