1. Comment sont construits les savoirs et les rapports scientifiques ?

1.2. Quelle méthode pour fournir une évaluation scientifique ?

Le second élément essentiel du point de vue méthodologique de ces rapports d’évaluation, et qui justifie leur nom, est la nécessité de croiser des preuves indépendantes pour pouvoir indiquer un niveau de confiance élevé à une affirmation. Notons tout d’abord que ces éléments de preuves proviennent de la littérature scientifique académique (peer-reviewed litterature).

L'exemple de l'attribution du changement climatique

Il se traduit dans le résumé pour décideurs du rapport du GIEC (AR6 WGI) par la phrase "Il est sans équivoque que l'influence humaine a réchauffé l'atmosphère, l’océan et les terres.". 

Cette phrase s’appuie sur une compréhension théorique, depuis la fin du 19ème siècle, de l’interaction entre gaz à effet de serre et rayonnement qui s’est traduite, depuis les années 60, par une représentation dans des modèles physiques du climat.

S'y ajoute désormais la représentation des interactions entre le climat et d’autres forceurs (particules de pollution ou issues du volcanisme, variation du flux solaire entrant, échanges d’énergie entre les composantes du système terre). Ces modèles permettent de discriminer les causes de changements climatiques en analysant ce qui permet de reproduire dans le temps l’évolution des températures, mais également le profil spatial de changement (réchauffement de la troposphère, refroidissement de la basse stratosphère). Le réchauffement de l’atmosphère, le contenu de chaleur de l’océan, la montée du niveau des mers sont reconstruits depuis quelques décennies à partir d’un très grand nombre d’observations directes et par satellites.

Le bilan énergétique (ce qui entre, sort, reste dans le système Terre) peut être contraint grâce à des observations spatiales qui permettent à la fois d’observer les flux d’énergies au sommet de l’atmosphère, mais également, avec le complément de mesures in situ, de déterminer l’inventaire de l’énergie excédentaire capturée sous l’effet des changement de gaz à effet de serre (contenu de chaleur dans l’océan, réchauffement de l’atmosphère, des terres, et fonte de glaces) et ainsi de boucler le bilan énergétique.

Enfin, les données issues de la paléoclimatologie permettent de documenter des climats anciens et de mettre ces changements (de composition atmosphérique ou de climat) dans une perspective de temps long.

C’est au terme de l’analyse de l’ensemble des informations que le GIEC et arrivé à cette conclusion sans équivoque en 2021. La diversité des données climatiques disponibles est visible sur la figure suivante 

Source : FAQ 1.1, IPCC AR6 WG1 FAQ French