1. Comment sont construits les savoirs et les rapports scientifiques ?

1.1. Un état des lieux mondial pour des enjeux globaux

Nombre de problèmes environnementaux (pollution de l’air, dégradation des écosystèmes) ont d’abord été observés et documentés localement. L’une des valeurs ajoutées de ces rapports d’évaluation est la mise en commun et l’uniformisation des observations pour étudier le caractère global des changements environnementaux.

Cet effort de mise en commun est visible par exemple dans les figures suivantes qui, pour chaque région, évaluent l’augmentation des vagues de chaleur, sècheresses, fortes précipitations et la confiance dans l’attribution de ces changements au réchauffement climatique.

Source : Figure SPM.3 in IPCC, 2021: Summary for Policymakers. In: Climate Change 2021: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change

Les impacts du changement climatique sur nos sociétés et sur les écosystèmes résultent également d’une analyse détaillée région par région des publications disponibles dont on peut voir la synthèse sur les figures suivantes. 

De même, les figures suivantes illustrent la mise en commun de nombreux indicateurs à l’échelle mondiale d’aspects clés pour la nature. 

ou la figure du même rapport qui illustre la distribution mondiale des zones de grande biodiversité.

Répartition des grands zones de biodiversité

Cette mise en commun peut également pointer des manques d’observations dans certaines régions. Elle s’applique aussi bien aux données « physiques » qu’à celles issues de sciences humaines. Ainsi la documentation de la vulnérabilité humaine, indispensable pour comprendre les impacts réels mais aussi les capacités d’adaptation au changement climatique, s’appuie sur des analyses d’indicateurs notamment de pauvreté économique, d’équité, d’accès aux services basiques (eau, sanitaires), de gouvernance, d’éducation, de présence de conflits etc. Le croisement entre deux analyses de plusieurs dizaines d’indicateurs socio-économiques a permis la figure suivante. Le poids entre les indicateurs peut varier d’une étude à l’autre mais un croisement de ces études montre un bon accord sur les régions de grandes vulnérabilités.

Source : Figure 8.6 WG2 AR6

Toujours dans cette optique de comprendre l’universalité de cas particuliers, des analyses d’études de cas réels sont également menées pour identifier les déterminants communs et l’applicabilité à d’autres situations, par exemple de politiques mises en œuvre localement.

C’est le cas par exemple de l’analyse d’études de cas de politiques d’adaptation mises en place pour protéger les écosystèmes face au changement climatique ou de l’étude de huit cas de catastrophes climatiques (évènements extrêmes dans des zones très vulnérables) qui permet d’illustrer ce que l’adaptation au changement climatique peut apporter à la prévention des risques de catastrophes naturelles et l’importance des mécanismes internationaux de compensation de pertes et dommages. Cependant, une difficulté importante soulignée par les auteurs des rapports concerne souvent l’indisponibilité de données ou un biais de représentation entre données acquises dans les pays en développement versus pays développés et la difficulté de refléter correctement les contextes locaux d’applicabilité des solutions.