2. La bioéconomie

2.2. Opérationnalisation

En termes d’activités économiques, la bioéconomie se décline à trois niveaux.

1.Production et gestion de ressources élémentaires

  • Agriculture, pêche, aquaculture, foresterie : fournissent la biomasse qui constitue la base de nombreuses chaînes de valeur.
  • Activités qui valorisent la biodiversité sans nécessairement l'exploiter directement, par exemple l'éco-tourisme

2.Transformation des ressources biologiques

  • Fabrication de produits alimentaires, textiles, du papier, des engrais...
  • Production de biocarburants, de biogaz
  • Valorisation énergétique de déchets organiques via la méthanisation.

Cette étape permet généralement d'augmenter la valeur ajoutée créée à partir de la biomasse.

3.Degré de transformation le plus élevé, plus haute valeur ajoutée

  • Développement de médicaments, de vaccins, de protéines alternatives, de biofertilisants, à l'aide par exemple des biotechnologies

Le lien avec la biomasse est ténu : une cellule, voire une simple séquence génétique numérisée, suffisent à développer ces produits à partir du vivant. 

Depuis le début des années 2000, la bioéconomie s'est progressivement imposée dans les stratégies de nombreux États et organisations internationales, notamment grâce aux avancées en biotechnologie. Elle est souvent présentée comme un levier permettant de concilier compétitivité économique, innovation et transition écologique. L'Union européenne, l'OCDE et de nombreux gouvernements ont ainsi élaboré des stratégies visant à soutenir le développement de telles filières à travers des investissements dans la recherche, l'innovation et les infrastructures de valorisation de la biomasse, notamment dans le secteur de l'énergie. La bioéconomie occupe également une place croissante dans les discussions internationales, comme l’illustre le lancement récent de l'Initiative du G20 sur la bioéconomie et l'adoption de Principes de haut niveau destinés à orienter son développement. 

Les évaluations disponibles suggèrent que la bioéconomie représente déjà un secteur économique majeur à l'échelle mondiale, avec une valeur estimée entre 4 000 et 5 000 milliards de dollars et un potentiel pouvant atteindre 30 000 milliards de dollars d'ici 2050. En Europe, elle générait près de 2 700 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023 et employait environ 17,1 millions de personnes, soit près de 8 % de l'emploi total de l'Union européenne. Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence, les estimations reposant sur des périmètres très larges et des définitions encore hétérogènes selon les pays et les institutions.