La bioéconomie : cadrage, opérationnalisation, débats
2. La bioéconomie
2.4. Perspectives
Dans ce contexte de débats a émergé le concept de socio-bioéconomie. Cette approche considère que la valorisation économique du vivant doit s'accompagner d'objectifs sociaux, territoriaux et environnementaux. Elle vise à concilier création de richesse, préservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des populations locales. Cela passe par la reconnaissance des savoirs locaux dans la gestion durable des ressources naturelles et par la garantie d’une répartition plus équitable des bénéfices issus de leur valorisation.
De telles approches sont aujourd’hui appliquées à des produits d’Amérique latine comme l'açaï, le cacao, ou les noix du Brésil. Elles soulignent une idée centrale de la socio-bioéconomie : la valeur créée à partir des ressources biologiques dépend autant de leur exploitation que de l'organisation des chaînes de valeur. Plus les activités de transformation, de commercialisation et d'innovation sont développées localement, plus les bénéfices ont de chances de rester dans les territoires et de soutenir leur développement.
Bien que prometteuse, cette approche se heurte à plusieurs limites.
- Volumes (souvent restreints) de ressources disponibles pour alimenter les filières, ce qui les cantonne à des marchés de niche et limite leur potentiel de montée en échelle.
- Complexité des chaînes de valeur à structurer : producteurs dispersés, capacités de production hétérogènes, manque d'infrastructures locales de transformation ou de transport, etc.
Ces contraintes expliquent en partie pourquoi les initiatives de socio-bioéconomie demeurent encore marginales dans les stratégies nationales. Mais elles offrent néanmoins des enseignements précieux pour la transition écologique :
- ancrage territorial,
- diversification des activités,
- participation des communautés locales,
- partage de la valeur.
La socio-bioéconomie rappelle que la durabilité d'une bioéconomie ne dépend pas seulement des ressources mobilisées, mais aussi de la manière dont les filières sont organisées.