1. Mise en relation ou carte des savoirs

1.3. Les sciences de la durabilité : combiner savoirs fondamentaux et d’action

Les sciences de la durabilité, de la transition écologique, composent l’ensemble des savoirs précédents, fondamentaux et opérationnels, dans l’objectif de réduire les impacts écologiques des humains.

Elles doivent mettre en relation et rétractions

  • les systèmes écologiques économiques et financiers,
  • les systèmes techniques et politiques,
  • les systèmes de valeurs.

Elles construisent ainsi des sciences hybrides : économie, écologie, humanités environnementales, sociologie et psychologie de l’environnement. Les sciences de la santé (médicales, vétérinaires et phyto-pathologiques) sont un exemple de diversité des savoirs à combiner, inspirant le développement de ces savoirs hybrides.

Les enjeux opérationnels des sciences de la durabilité (réussir les transformations écologiques à l’échelle planétaire et des États, étendre et approfondir les expériences réussies) exigent qu’elles gagnent en généricité. Il faudrait pour cela qu'elles développent un nouveau bloc de savoir fondamental qui serait la convergence des trois blocs de savoirs fondamentaux précédents, se développant autour de concepts à même de relier différents savoirs, de les mettre en synergie, tels que socio-écosystèmes, archétypes, changement transformateur ou nexus environnemental. Les relations à la nature, ses complexités et inconnues, sont un enjeu majeur dans le développement de ces concepts. Certaines propriétés de la nature sont en effet ignorées dans les techniques et pratiques humaines, causes de la crise écologique.

Un défi associé est de devoir ignorer la condition d’équilibre de la nature et des sociétés, se placer en phase de changement de régime, métaphysique, politique et socio-économique, écologique. Elles doivent en conséquence affronter une certaine obsolescence de savoirs ajustés au régime précédent de la modernité, lui-même en cours de profonde transformation.

En conséquence, ces sciences remettent en cause les relations de pouvoirs au sein des sciences appliquées, devant conduire à des innovations dites conviviales, prenant plus en compte les préoccupations citoyennes. De manière générale, ces sciences devraient modifier profondément la dynamique et la logique de développement des savoirs fondamentaux et d’action, ainsi que leurs propositions techniques ou sociales.